18 Juil 2022
Michaël Fontaine

Michaël Fontaine

Rapporteur général du 77e Congrès & vice-président du Conseil national

Bonjour Michaël ! 

Merci de prendre quelques minutes pour nous. Tu es client fulll depuis 2015, mais ce n’est pas pour cela que nous t’interviewons aujourd’hui. 

Si nous échangeons, c’est dans le cadre de ton rôle de rapporteur général du 77ème Congrès de l’Ordre 2022, qui aura lieu du 28 au 30 septembre à Paris. L’occasion d’en apprendre plus sur cet événement que nous attendons tous avec impatience ! 

1.

Comment es-tu devenu Rapporteur général du 77ème Congrès de l'Ordre des experts-comptables  ?

Le congrès étant à Paris, il fallait un rapporteur qui soit en lien avec Paris et qui travaille sur des sujets actuels. On m’a donc proposé, au niveau du COMEX, d’être rapporteur général du 77ème Congrès de Paris. J’ai accepté bien volontiers, puisque ce congrès s’inscrit dans une période de transition entre les premiers mois de la mandature et la première année, avec une évolution vers “l’expert-comptable au cœur de la société”.  

Au niveau du choix des co-rapporteurs, je voulais trouver des profils équilibrés : des hommes et des femmes, mais aussi des profils un peu plus jeunes. Avec Caroline Hélin et Éliane Leveque-Griffanti, nous voulions par exemple montrer qu'il était possible pour une femme d'avoir une vie active et familiale, et d'être tout autant investie dans un projet tel que le congrès (avec une vision et un apport différents). 

Avec Abdoullah Lala, nous voulions intégrer les problématiques ultramarines au niveau du congrès, et ne pas les dissocier de celles de la métropole. Mon idée c’est que l’ultramarin, avec ses particularités, fait partie de la France. C’est un ensemble ! C’est donc important qu’il soit représenté au niveau des rapporteurs.

2.

Pourquoi avoir choisi ce beau métier ?

Le métier, je l’ai choisi assez tôt, parce que j’ai eu la chance d’être en contact avec des experts-comptables dans ma jeunesse. J’ai trouvé que c’était un métier à la fois technique, mais qui servait des belles causes. Même avec des méthodes anciennes, les experts-comptables étaient toujours au cœur de l’accompagnement des entrepreneurs, ils avaient une bonne connaissance de leurs problématiques, des évolutions,... 

Il y avait aussi un côté dynamique, car ils passaient beaucoup de temps avec leurs clients, en contact avec l’extérieur. Ce n’était pas seulement un métier derrière un bureau, c’était très actif et complètement en phase avec le monde économique. 

3.

Ce 77ème Congrès de l’Ordre est présenté comme le 1er congrès écoresponsable de la profession. Comment est née cette idée ?

Quand j’ai accepté d’être rapporteur du 77ème Congrès à Paris, je savais qu’il y aurait le “plus” de tout : plus de participants, de congressistes, de partenaires,... mais je me suis dit que c’est année, on allait plutôt chercher à faire le “mieux”. 

Quand je voyais le nombre de stands, d’objets, de repas,... mis à la poubelle à chaque fin de congrès, je me suis dit qu’on pourrait améliorer les choses. Il faut savoir que c’est un réel défi de faire un congrès écoresponsable, avec le moins d’émissions carbone possible. Cela change les habitudes, la manière d’organiser,... Il y a aussi des arbitrages assez forts qui doivent être faits. Je me suis dit que si on le faisait, on ne pourrait le faire qu’à Paris dans un premier temps, car il y a déjà toutes les infrastructures nécessaires (notamment par rapport aux JO 2024, qui seront des jeux écoresponsables). 

Ensuite, j’ai proposé l’idée au COMEX. Sachant que la RSE est un sujet d’actualité pour les experts-comptables, tout le monde m’a dit “on y va !”.

4.

Selon toi, quel est l’enjeu de la RSE pour les experts-comptables et leurs clients ?

On voit bien que la RSE se structure au niveau des normalisations pour les très grandes entreprises et que par capillarité, cela va descendre aux petites entreprises. À partir de là, il faut que nous, experts-comptables, on ait les moyens d’accompagner nos clients (notamment les plus petits) qui vont être concernés directement et indirectement par ces obligations. On n’a pas le choix, il faut s’y mettre, et le meilleur moyen de s’y mettre, c’est de sensibiliser à travers un congrès au cœur de la société. 

Quand on parle de la RSE, il est important de la prendre dans son ensemble. Il y a effectivement l’aspect écologique, mais aussi la gouvernance, la place dans le recrutement, l’attractivité, la diversité,... L’idée n’est pas de leur donner une formation, mais au moins de donner envie aux confrères d’approfondir ces sujets, car leurs clients vont être tôt ou tard concernés par ces différentes problématiques.

5.

Pourquoi la RSE est un sujet qui te tient à cœur ?

Je souhaite que l’ensemble de la profession, du plus petit cabinet isolé au plus grand, ait les mêmes moyens en termes techniques et d’informations, pour accompagner les clients. Si on accompagne nos clients, c’est également un cercle vertueux pour l’économie française, puisque ça va dans le bon sens. 

6.

Qu’est-ce qui a été mis en place pour rendre ce 77ème congrès écoresponsable ?

La première chose que nous avons fait, c’est un bilan carbone du congrès : on regarde d’abord le résultat si on faisait les choses “comme avant”, et ensuite on regarde, avec toutes les actions qu’on va mettre en œuvre, quelles économies d’émissions de CO2 seront faites si tout le monde joue le jeu. 

Sur des événements nationaux comme les congrès, il faut savoir que les déplacements des participants représentent environ 50% du poids carbone. L’aménagement c’est 16%, l’hébergement 10% et la restauration 8%. C’est sur tous ces leviers qu’on va agir. 

Comment ? Tout d’abord, sur la mobilité pour les déplacements. Nous voulons inciter tout le monde à utiliser des moyens de transports moins émetteurs de CO2 : prendre le train plutôt que l’avion, opter pour le covoiturage,... 

Concernant le poste aménagement, nous avons mis plusieurs choses en place :

    • Nous demandons l’utilisation de matériaux de préférence réutilisables. Je prends l’exemple de la moquette, qui est souvent jetée à la fin des congrès (alors que c’est un matériau très émetteur de CO2). L’objectif est d’utiliser des carrés de moquette réutilisables, mais plus généralement de limiter son utilisation (même si cela peut choquer visuellement et esthétiquement). 

    • Pour éviter de consommer trop d’énergie, nous allons rendre obligatoire l’éclairage de stands avec des led, mais aussi mettre des coupe-circuits pour éteindre les éclairages des stands durant la nuit. 

    • Nous allons également proscrire les machines à café utilisant des capsules pour des machines à broyeurs.

    • Nous allons aussi limiter la distribution des goodies (qui finissent bien souvent à la poubelle ou au fond d’un tiroir) au profit de goodies écoresponsables.

Ensuite, il y a l'aspect restauration. On favorisera des repas de bonne qualité, mais qui restent dans une démarche écoresponsable (avec des produits locaux, de saison,...).

Enfin, il y a tous les aspects personnels. Partenaires, participants et congressistes seront incités à optimiser chaque geste pour qu’on ait un congrès qui soit le plus faiblement émetteur. Cela sera notre point de repère pour les années à venir. 

7.

Quelles orientations as-tu cherché à donner aux différents ateliers et conférences ? Peux-tu nous donner quelques exemples de sujets ou ateliers qui seront abordés ?

Il y aura 11 ateliers de la profession, répartis sur 4 axes :

Le premier axe sera “Comment les experts-comptables vont développer leur mission au niveau de la durabilité ?”, avec trois types ateliers

    • La société à missions : qui cela concerne ? Pourquoi ? Comment ? Quels sont les enjeux ? 

    • Les bilans carbone : qu’est-ce que c’est ? Comment on le fait ? Quel est l’enjeu ? Pourquoi le faire ?

    • La comptabilité extra-financière : il existe plein de sigles et d’acronymes (ESG, OTI, DPEF, CSRD,...) qui viennent se télescoper autour de ce sujet. L’idée de cet atelier est de venir démystifier, d’expliquer le langage de comptabilité extra-financière pour les experts-comptables. 

Le second axe concernera “les mutations sociétales et nouvelles compétences” : comment développer son cabinet en tenant compte de ces évolutions sociétales et comment rendre son cabinet plus attractif ? Trois ateliers seront également proposés :

    • Pour que le cabinet durable rime avec cabinet désirable : qu’est-ce qu’on peut proposer à nos collaborateurs afin de rendre le cabinet plus actuel ? Comment faire pour qu’on s’y sente bien ? Comment garder nos talents (et en recruter d’autres) ?, etc.

    • Quand les entreprises s’engagent pour les femmes : opportunité ou effet de mode ? Cet atelier sera co-présenté avec l’AFEC (l’Association des Femmes experts-comptables). L’idée est de parler de la position des femmes dans la profession, en tant qu’expert-comptable et collaboratrice. 

    • Boostez votre image de marque et renforcez votre e-réputation. Cet atelier permettra aux confrères de connaître les codes de communication sur les réseaux sociaux :  comment communiquer ? Comment les utiliser ? Comment gérer sa e-réputation ?, etc.

Le troisième axe sera “L’expert-comptable au cœur de la société et des territoires”, avec de nouveau trois ateliers : 

    • Être au cœur des familles pour conseiller les particuliers. Ici, on souhaite porter la parole de l’expert-comptable en tant que rôle au cœur de la société. Il peut être un tiers de confiance pour les particuliers, les personnes en difficulté, etc.

    • Éthique et agriculture : l’expert-comptable responsable de l’équilibre des relations commerciales du secteur agricole et alimentaire (en lien avec la loi “EGAlim 2”). 

    • Un nouvel élan pour les dispositifs d’aide à l’investissement dans les territoires ultramarins. L’idée est de changer la vision de ces investissements, qui sont trop souvent vus comme étant uniquement un levier fiscal pour les investisseurs. Il faut savoir que derrière il y a un levier de richesse et de développement pour les territoires ultramarins, qu’il est important de connaître et de développer. 

Le 4ème axe parlera de “L’expert-comptable au cœur du numérique”. Cette fois-ci, deux ateliers seront proposés :

    • La facture électronique, car c’est le sujet de demain. 

    • Cybercriminalité : vous êtes tous concernés ! L’idée de cet atelier est de sensibiliser les experts-comptables aux risques cyber, de leur faire prendre conscience des risques d’attaques et de leur apprendre à s’en prémunir avec les bonnes pratiques. 

À travers tous ces ateliers, on a vraiment eu envie de faire quelque chose qui soit plus en lien avec la société. Notre rôle, c’est d’accompagner nos clients et donner le meilleur service. On peut croître de manière différente : pas uniquement avec du bénéfice, mais également avec de la répartition de richesses, de l’inclusion, de la diversité,... qui permettent d’embarquer toute la société dans un beau projet. 

8.

Si tu devais t’adresser à un confrère qui n’est pas encore inscrit au congrès, que lui dirais-tu pour lui donner envie de le faire ?

Aujourd'hui, on travaille parfois de manière isolée, la société évolue. Ce qu’on vous propose, c’est de vous sensibiliser à toutes ces évolutions pour que vous ayez envie d’aller plus loin pour mieux accompagner vos clients. Nous, on veut le “mieux”, pas juste le “plus”. 

Si c’est également votre cas, venez nous rejoindre du 28 au 30 septembre à Paris ! 

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